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Aider les enfants à exprimer leurs sentiments partie 1/4

d'après Adèle Faber et Elaine Mazlish in "Frères et soeurs sans rivalité"

Comment naissent les rivalités dans les fratries ? Pourquoi les enfants ont-ils TOUJOURS l'impression que vous aimez l'autre plus que elle ou lui ?

"Adèle Faber et Elaine Mazlish refusent d'accepter l'idée que les taquineries constantes, les bagarres et les disputes sont le prix à payer pour avoir plus d'un enfant."


Evitons le burn out parental

Comment apaiser les relations entre les enfants ?

La gestion des émotions à la sauce Faber et Mazlish

J'aime tous les livres écrits par Adèle Faber et Elaine Mazlish, ces deux auteures américaines aux nombreux bestsellers ont sillonnés les Etats-Unis en animant de multiples conférences et ateliers pour aider les parents du monde entier à dépasser les problèmes récurrents du quotidien.

 

Celui sur les frères et soeurs est bouleversant. Il vous fait revisiter votre enfance, votre perception de l'amour des adultes autour de vous. Bref, c'est un sacré chemin.

Aujourd'hui, je vous donne un aperçu, rapide, de la première thématique, fondamentale sur l'expression des sentiments.

L'objectif est tout simplement génial, et, aux dires des auteures, totalement atteignable :

 

"Au lieu de m'inquiéter et de vouloir que les fils deviennent amis, ai-je expliqué, j'ai cherché à leur transmettre les attitudes et compétences nécessaires à toute relation affective."

 

Autant vous dire que plus vous travaillez à améliorer la relation entre vos enfants, plus vous sentez l'importance et l'impact des mots, de la communication et plus votre vie, en générale, s'améliore !

Dans cette série d'articles, vous saurez comment aider les enfants à exprimer leurs sentiments envers les autres sans se faire de tort grâce à 4 habiletés.

 

Au menu :

  1. Au lieu de mettre de côté les sentiments négatifs qu'un enfant éprouve envers un autre, reconnaissez ses sentiments
  2. Accordez aux enfants, de façon imaginaire, ce qu'ils ne peuvent obtenir dans la réalité
  3. Aider les enfants à canaliser leurs sentiments hostiles vers une expression symbolique ou créative
  4. Arrêter les comportements brutaux. Montrer comment exprimer la colère en toute sécurité. Evitez d'attaquer l'attaquant.

1-Reconnaître les sentiments et les nommer

Pendant longtemps, j'appréciais peu le terme "gestion des émotions". Je trouvais que cela renvoyait à une vision de l'homme très contrôlée et contrôlante. Aujourd'hui, je vois les choses différemment. Gérer ses émotions, c'est comprendre ses émotions, les sentir, les percevoir, les distinguer même !

 

La gestion des émotions revient simplement à se pencher sur soi et ses enfants, pour alphabétiser notre partie émotionnelle qui conditionne notre état intérieur, notre capacité à nous exprimer, à nous percevoir et à interagir avec le monde.

Au lieu de mettre de côté les sentiments négatifs qu'un enfant éprouve envers un autre, reconnaissez ces sentiments.

 

L'enfant/l'ado dit Au lieu de Essayer plutôt
 Tu es toujours avec le bébé  Mais non je viens tout juste de te lire une histoire... Tu n'aimes pas que je passe autant de temps avec elle
Maman, Robert dit que je suis un crétin Contente-toi de l'ignorer C'est contrariant d'entendre un commentaire comme ça
Il le fait exprès, il n'arrête pas de roter quand je suis là ! Tu parles ! Tu as l'impression qu'il le fait juste pour t'agacer

Ca peut paraître trop beau pour être vrai, ou au contraire bien trop difficile à atteindre, vue :

  • l'ampleur de la situation vécue
  • le niveau de violence dans certaines fratries 
  • la charge de travail que chaque parent doit assumer au quotidien

Parfois, il suffit d'essayer, de faire un tout petit pas, pour sentir la différence. 

 

J'ai envie de dire, parfois il suffit d'y croire... Bon, aucun parent sur terre ne peut croire en permanence qu'il va améliorer la situation, ça c'est clair. Mais, si vous lisez cet article, c'est au moins que vous avez envie d'essayer quelque chose. Vous êtes alors au bon endroit.

 

Mon astuce ? Faites de tous petits pas. Une chose à la fois. Entraînez-vous dans votre tête, avec vos proches, d'autres parents. Reformulez les sentiments de quelqu'un, c'est un exercice qui demande de l'entraînement. Mais ça vaut le coup !

 

J'ai écrit tout un article sur l'intérêt d'investir dans la parentalité, si vous manquez parfois de courage, cela pourrait vous aider de le lire.

 

Avant de lire la suite, essayer déjà de vous concentrer là-dessus, reconnaître les sentiments. C'est déjà beaucoup d'attention et d'énergie. Essayer de le faire une fois, deux fois dans la journée.


 Cet article, je l'ai écrit avant tout pour les parents qui ont déjà "décidé" que les choses devaient changer. J'espère avoir contribuer à ouvrir quelques pistes, quelques voies. L'approche d'Adèle Faber et Elaine Mazlish a beaucoup de succès, j'espère qu'il en sera de même pour vous. Vous pouvez lire la deuxième partie sur une habileté basée sur l'imagination très puissante ici.

 

Dites moi en commentaires, comment vous vous sentez après la lecture de cet article ?

  • Avez-vous envie de tenter quelque chose à la prochaine dispute de vos enfants ?
  • Avez-vous besoin d'éclaircissements ? 
  • Qu'est-ce qui fonctionne le mieux à la maison ? Témoignez, vous rendrez service aux autres parents.

Je serai ravie de vous répondre  et d'échanger ! 

Commentaires: 8
  • #8

    chloe RIVIERE (mardi, 21 avril 2020 20:24)

    Merci Margaux pour cet article bienvenu pendant cette période ! En tant que maman célibataire avec deux enfants, ces rappels me sont bien utiles ! Merci pour ton approche super positive !

  • #7

    Margaux Michiels (vendredi, 17 avril 2020 19:22)

    @Mounia, merci pour ton retour et ton témoignage, cela peut paraître anecdotique de refléter à nos enfants combien nous pouvons percevoir leur monde émotionnel, et en fait, c'est très puissant.
    Cet article permet d'avoir pleins de façons différentes de le faire. J'aime cette approche qui propose plein de façons, pour inspirer chaque parent, chaque adulte en fonction de sa sensibilité et de celle des enfants.
    Le psychologue Haim Ginott, à l'origine de l'origine des ces deux auteures a largement contribué et influencé la communication émotionnelle.

  • #6

    Margaux Michiels (vendredi, 17 avril 2020 19:16)

    @Anne-Laure, quel retour positif et encourageant ! Oui le confinement exacerbe, oui nous avons souvent été élevées à la discrétion, à être sage et oui nous pouvons parfois réaliser que notre façon de nous exprimer n'est pas hum..au top ! C'et merveilleux de réaliser que, quelque soit le contexte, il suffit parfois de se décaler un peu pour que l'ambiance change !
    Et oui, les ateliers sont très intéressants, ils permettent d'aller beaucoup plus en profondeur et de s'exercer, en plus de pleins d'autres aspects positifs. Moi aussi j'ai hâte de pouvoir les re-proposer !

    @

  • #5

    Mounia (vendredi, 17 avril 2020 16:09)

    Salut Margaux,
    Tout d'abord, merci pour cette lecture qui fait du bien !
    Pour moi , tout ce qui permet de donner du sens fonctionne .
    L'enfant , comme l'adulte , refuse l'arbitraire , ou du moins ce qu'il ne comprends pas...
    Reconnaître les sentiments des enfants a été une révélation pour moi , ça fonctionne instantanément la plupart du temps , l'enfant se sent compris et il cesse donc de crier à l'oreille d'un parent sourd qui nie ce qu'il vit avec tant d'intensité .
    Permettre l'accès à l'imaginaire est assez formidable aussi, ils sont transportés vers l'idée de leur envie : des saveurs de bonbons, de gâteaux , de vacances , de fêtes etc... Et nous explorons ensemble nos envies , ce qui peut permettre de construire des projets pour plus tard .
    Je ne connais pas tellement ces auteures mais j'ai déjà fait ce type d'expériences avec mes filles de 4 et 6 ans et je suis ébahis par leurs effets positifs .
    Merci encore pour l'article
    A très vite

  • #4

    Anne-Laure (vendredi, 17 avril 2020 14:26)

    Merci Margaux pour ces conseils judicieux que je vais m'efforcer de mettre en place dès le réveil de la sieste ! Pas toujours facile, surtout en ces temps de confinement où l'enfant de fratrie n'a "que" sa sœur, comme autre enfant, avec qui jouer. Et où elles doivent apprendre à coopérer et où j'ai souvent l'impression de devoir jouer à l'arbitre, en vase clos...

    Les 3 tableaux "ce que l'enfant dit/fait" / "au lieu de" / "essayer plutôt" m'ont vraiment parlé (oups...) . "Accordez aux enfants, de façon imaginaire, ce qu'ils ne peuvent obtenir dans la réalité" : tu as tellement raison, j'ai eu l'occasion de tester d'exprimer ce que ma grande ressent au lieu de vouloir lui faire "ravaler ses mots" et c'est très puissant comme approche. Sur le papier, on peut d'abord croire que répondre un "simple" "j'ai saisi ce que tu as dit, et je le comprends, c'est vrai que tu as raison de ressentir cela, ça fait de la peine/ça agace/..." n'entrainera pas de "résultat concret", mais c'est tout l'inverse, c'est stupéfiant !

    Ce sont de nouvelles approches, à mettre en œuvre petit à petit, pour conditionner de nouveau réflexes chez nous, parents. J'ai l'impression que c'est un problème de notre génération, et notamment, de notre génération de filles, habituées à devoir être "sages", à ne pas "faire de vagues", à être "conforme". Le seul modèle qu'on a eu, et donc le seul modèle qu'on sait reproduire... Mais les petits sentiers font des autoroutes et prêter attention à notre propre dissonance cognitive peut initier une nouvelle approche. Un petit pas à la fois !

    J'ai hâte que tu puisses reprendre tes ateliers, tout cela est passionnant :)

  • #3

    Margaux (jeudi, 16 avril 2020 11:36)

    @Amandine, merci pour ton témoignage. C'est tellement encourageant pour tous les parents ! Savoir que les efforts peuvent permettre de désamorcer certaines situations c'est déjà beaucoup. Les ateliers sont un soutien non négligeable c'est vrai et surtout c'est tellement sympa de se retrouver entre parents !

    @Cécile, oui clairement les rappels sont utiles et précieux, on peut vitre être rattrapé par le quotidien, le stress, bref, tout ce qui n'est pas devenu une habitude va avoir tendance à disparaître. Merci pour ton témoignage. A bientôt !

  • #2

    Cécile (mardi, 14 avril 2020 20:56)

    Whaoooou voici un rappel nécessaire ! Participer à tes ateliers m'a tellement soutenue... s'entraîner sur des cas concrets, et reprendre confiance grâce aux "petits pas" que tu conseilles ;-)
    Des petits changements d'attitudes qui suffisent à décoincer des situations répétitives! Un grand merci Margaux !!!

  • #1

    Amandine CL (mardi, 14 avril 2020 16:09)

    Merci Margaux pour ces bons conseils qui m'ont permis de raviver les notions abordées lors des ateliers "rivalité frère-soeur" de l'an dernier.
    Ces ateliers m'avaient été vraiment trés utiles mais bien sûr je ne pense pas toujours a utiliser toutes ces habiletés au moment opportun!
    Mais je peux confirmer que c'est un tel bonheur quand on y pense et que ca fonctionne... on se sent tellement mieux et nos enfants aussi je pense. Pas plus tard que ce matin j'ai désamorcé une dispute entre mes 2 fils en repensant trés fort à tout cela pour m'éviter de "péter un câble"... Et ça a trés bien marché! J'ai écouté et caliné celui des 2 qui avait été mordu plutôt que de le laisser de coté pour gronder le deuxième... Et au final ils se sont réconcilié et ont trouvé tous seuls un compromis pour que ça n'arrive plus. C'était super émouvant à voir... Je ne suis pas idiote je sais que ça se reproduira quand même mais simplement le fait d'avoir évité de faire dégénerer une situation simplement par mon attitude, sans blesser personne, ni me faire du mal à moi-même en m'énervant, ca vaut son pesant d'or !
    Alors encore Merci ;)